Design Thinking : remettre le "Pourquoi" au centre de la création

By
DI-FI Staff

DI-FI Lab researchers


Le saviez-vous ? Le mot « design » vient du français « dessein », qui aujourd’hui signifie « but », objectif », mais jusqu’au 17e siècle voulait aussi dire « dessin ».

Le « design » d’un projet implique ainsi le « pourquoi » de ce projet. Ce n’est pas seulement l’apparence physique d’un objet, mais ce qui sous-tend sa conception. Le design répond finalement à la question : Pourquoi tel objet, tel service a-t-il été pensé et fabriqué de cette manière ?

La question essentielle à se poser : à quel besoin utilisateur ce projet répond-il?

Répondre à cette question du "pourquoi" suppose de se pencher sur celle de l’utilisation finale de l’objet ou du service, donc du besoin initial des utilisateurs… au-delà de leur désir. On parle de la « désirabilité » d’un objet ou d’un service avant de le commercialiser… mais est-ce vraiment la bonne question à poser ? Ne devrait-on pas plutôt réfléchir en termes de réel besoin ? Savoir en quoi la cible a-t-elle réellement besoin de cet objet, de ce service ?

Répondre à cette question suppose une bonne dose d’honnêteté intellectuelle car elle permet de bien faire la différence entre un service ou objet apportant une solution à un problème,  et un service ou objet qui satisfait simplement l’envie de se faire plaisir de son concepteur. Cela évite la création et la distribution de nombreux produits inutiles, fondés sur un besoin qui n’existait pas à la base. (C’est primordial pour éviter le gaspillage contre lequel la société dans son ensemble commence à s’élever, mais c’est un autre sujet. Cela englobe aussi le Marketing Créatique de Georges Krycève : selon lui, le marketing doit créer du progrès avant toute chose, et cela passe par l’identification précise des besoins réels et émergents chez les consommateurs).

A partir du moment où le besoin est avéré, reste à se mettre à la place de l’utilisateur final pour comprendre comment ce nouveau projet va pouvoir l’accompagner et le servir au quotidien. En ce sens, le Design Thinking est un élément essentiel de l'UX Design, qui met l'expérience utilisateur au centre de la création d'un objet, d'un site web ou d'un service.

Brainstorming et créativité : on s’amuse dans l’entreprise… mais pas que !

C’est là que la méthodologie intervient. Pour résumer grossièrement, la personne à l’origine du projet se réunit avec des utilisateurs potentiels, des designers, des facilitateurs (qui comme leur nom l’indique vont faciliter l’émergence des idées), selon plusieurs étapes désormais bien connues :

Emphatise - Define - Ideate - Prototype - Test

... que l’on peut résumer en trois phases

1- Identifier une problématique et comprendre son environnement (« empathy » et « define »)

2- Trouver le concept, l’idée (qui permettra de la résoudre (« ideate »)

3- Concevoir la forme qui incarnera ce concept et la mettre à l'épreuve (« prototype » et « test »)

Quand on y regarde de plus près, le Design Thinking, c’est finalement surtout du bon sens, encadré par une méthodologie permettant de rendre la réflexion plus rapide et efficace. Le but est toujours de libérer la créativité des participants au processus de Design Thinking, grâce au brainstorming. De "libérer les cerveaux" pour qu’ils expriment toute leur créativité.

Il y a ainsi un aspect ludique dans la démarche du design thinking, et du coup une notion de plaisir. On sait aujourd’hui que le jeu fait partie du fonctionnement humain (apprentissage, échanges, création…). Et puis la créativité est quelque chose de profondément attratif pour les équipes : comme le dit cet article des Cahiers de l’innovation, « tout le monde aime la créativité et veut être créatif ».

Ces aspects ludiques et créatifs font du Design Thinking une méthodologie profondément attirante pour l’humain, loin des carcans de l’entreprise et de ses uniformes de travail. C’est sans aucun doute l’une des raisons majeur du succès de cette méthode.

Cependant, le plaisir doit être pris également dans les limites que l’on se pose, dans la marche à suivre pour résumer, implémenter ces conclusions et aboutir à la conception du produit ou service envisagé.

La cocréation est au cœur du processus de Design Thinking

On s’aperçoit lors des ateliers de design thinking qu’il s’agit d’abord d’un processus de co-création. L’agence est là pour guider le client à travers ses idées, pour faire émerger les données pertinentes et exploitables, et le garder sur les rails de sa réflexion.

Il s’agit aussi d’un mécanisme itératif, où l’on peut répéter un processus, se tromper, et recommencer jusqu’à ce qu’on trouve la meilleure solution.

Là intervient les problèmes de rentabilité, car se tromper et recommencer représente du temps, ce dont on ne dispose pas toujours de manière illimité… Cependant, mieux vaut se tromper, réagir vite et rebondir rapidement, plutôt que s’entêter vers une solution inadaptée qui une fois sur le marché sera très compliquée à défaire et aura déjà coûté de l’argent.

C’est là qu’une bonne méthodologie est indispensable. Elle permet de ne pas perdre le fil, et de faire en que toute cette réflexion et cette belle énergie soit utiles.